Saint-Martin

Carnet de bord de Jacques

Mai 2015

 

Saint-Martin (France)

Occasion d’affaire

Nous voulons faire le tour de l’ile avant de revoir Bernard, que l’on avait rencontré à Puerto-Rico. Le 27, nous ancrons dans la baie d’Oyster Pond, proche de l’habitation de Bernard. Celui-ci nous rejoint à bord du catamaran en compagnie de son ami Robert pour discuter. Il accepte de nous emmener visiter l’ile « de l’intérieur » pour le surlendemain. Le 27 nous continuons notre tour de l’ile et nous arrêtons à Philipsburg pour y passer une – mauvaise – nuit. Le centre-ville est complètement désert, car il y avait la veille une grosse fête (carnaval). Le 29, nous retournons à Marigot. Le mercredi 30, Bernard nous emmène visiter différent lieu, dont les plus belles plages. Bernard nous annonce que sa maison est à vendre depuis peu. Celle-ci comprend plusieurs logements touristiques saisonniers. Cela nous interpelle. Il nous invite à souper pour le samedi suivant. Nous ne sommes pas pressés et sommes curieux de visiter sa maison et rencontrer ses amis et associés. Le jeudi 01, nous louons une voiture pour revoir certains endroits visités la veille, dont le Pic Paradis, et refaire le plein de provision. Nous allons également refaire le plein d’essence et d’eau pour le catamaran. Le vendredi, nous repartons faire un tour de l’ile, cette fois-ci en s’arrêtant à l’ile Tintamarre. Le lendemain samedi, nous retrouvons Bernard à Oyster Pond. Je l’emmène faire une initiation au kite dans la baie voisine, à quelques minutes. Nous passons ensuite une bonne soirée avec lui, Jocelyne et Robert, ses associés propriétaires de la maison. L’emplacement et l’activité nous ayant intéressés, nous annonçons au moment de nous quitter que nous pourrions être intéressés à reprendre « l’affaire ». Nous nous donnons rendez-vous pour le lendemain matin pour en discuter sérieusement. Le dimanche après midi, nous revenons à Marigot. Nous y retrouvons le voilier La Smala. Lundi 02, nous rencontrons une courtière hypothécaire qui nous indique que le projet immobilier pourrait intéresser les banques, vu l’apport financier personnel et l’expérience que nous avons. Nous rencontrons le lendemain mardi un expert comptable qui nous explique la législation particulière de Saint Martin et les différents types de sociétés sous lesquelles nous pourrions exploiter l’immeuble. Le mercredi, nous rencontrons un expert à Oyster Pond afin de lui présenter la bâtisse et lui en demander une l’expertise complète ; nous en aurons besoin pour présenter le dossier à la banque, pour nous assurer de payer le « juste prix » ou nous indiquer les éventuels problèmes et risques liés à la propriété. Celui-ci doit nous rappeler le lendemain pour nous faire l’estimation de sa future prestation et nous donner une date pour sa visite d’expertise. Sa première réaction est assez mitigée : il apprécie la vue exceptionnelle, mais reste plus dubitatif quant à la disposition intérieure des appartements. Il considère, comme nous, que ce genre de propriété présente des caractéristiques – intéressantes et moins intéressantes – qui limite le nombre d’acquéreurs potentiels. Nous faisons ensuite connaissance avec les voisins – très sympathiques – et discutons des bons et moins bons côtés du quartier. Alors qu’il y a quelques jours, nous ne connaissions pas cette propriété; alors que nous pensions que la probabilité que l’affaire aboutisse positivement; nous commençons à penser que c’est possible... Cependant, il nous reste à connaitre l’expertise et revoir éventuellement le prix d’achat avant de nous décider définitivement et continuer les démarches, qui s’avèrent déjà longues et pénibles = montage du dossier, négociation avec les banques, rapatriement de la mise de fonds, création d’une société française, décisions par rapport à notre maison au Canada et à notre voyage en bateau, inscription des enfants aux écoles locales, re-intégration au système français et retrait du système canadien (papiers légaux, vaccinations, abonnements, etc.). Heureusement, Super Raphaelle est là et assure un max. Sa détermination me sidère. Sans sa ténacité, cela fait longtemps que j’aurais laissé tombé l’affaire tellement les difficultés vont être nombreuses à surmonter!!! la mentalité et la bureaucratie française nous rappellent pourquoi nous avions fui la France... En vérifiant, une fois de plus, le plan d’affaires, nous réajustons certaines données et l’affaire n’est plus du tout une affaire!!! En considérant une occupation pratiquement pleine, une fois les différentes charges déduites, il ne reste rien... donc il faudrait trouver un travail extérieur... Nous réfléchissons aux différentes possibilités, mais ne voyons pas de solution satisfaisante. Nous renonçons donc au projet, dépités et découragés; nous nous rendons compte combien faire des affaires en France est compliqué, contraignant et décourageant!!! Notre conclusion est, une fois de plus, qu’il nous est impossible de nous réinstaller sur un territoire français. Après une nuit pour laisser décanter, nous annonçons notre désistement à Bernard et ses associés, puis levons l’ancre pour rejoindre l’ile Saint Barth en nous arrêtant à l’ile Fourchue.

1er mai

Comme d’habitude, l’école se passe mal avec Gaétan. Ou plutot, ne se passe pas du tout puisqu’il refuse de la faire et que Rapha ne veut plus s’obstiner une fois de plus avec lui. Je nettoie d’abord le pont, couvert poussières (venu d’Afrique-Sahara – et qui limite la visibilité à seulement quelques kilomètres), à l’aide du nouveau tuyau d’eau de mer à l’avant du catamaran installé la veille. Je vais ensuite faire un tour dans le lagon, en dinghy, pour retrouver une vieille connaissance rencontrée la veille à Marigot : le capitaine du catamaran charter MB (François H., avec qui j’avais fait mon premier convoyage de catamaran – entre Saint Martin et Nassau –). Je ne le retrouve malheureusement pas. Par contre, Norman, du voilier Sweet Madame Blue, m’aborde et me propose de la viande qu’il ne peut conserver. Il nous l’amène sur le cata et partage longuement son expérience de marin en nous indiquant les bons et moins bons endroits à visiter vers le sud. Il nous avait remarqués quelques jours auparavant au mouillage de Philipsburg (nous étions pourtant le seul bateau à nous ancrer là!). Norman fait partie de ces rencontres tant appréciées et espérées du voyage. Merci à lui pour son grand cœur. Après l’habituelle sieste, nous levons l’ancre de la baie de Marigot pour nous rendre – à la voile – à l’ile Tintamarre, à 9 miles de là (3 heures et quelques virements de bord plus tard). Une carangue gros yeux sera pêchée et relâchée (à cause du risque important de la maladie « ciguaterra ») et une ligne perdue après une touche. Sur l’ile Tintamarre, au coucher de soleil, nous dégustons une bière « Leffe » bien fraiche, achetée la veille au Super U, au coucher du soleil : quel plaisir!!!