Bahamas
- Long Island
- Acklins

Turks and Caicos

Carnet de bord de Jacques

Décembre 2014

Contrairement au carnet principal, les archives se lisent de haut en bas...

Long Island, Bahamas

2 décembre

Misère de misère!!!

L’hélice de notre annexe étant hors services, on nous avait indiqué la seule place sur l’ile ou il y en avait une disponible : Salt Pond. En nous ancrant à Salt pond, le moteur droit vibre beaucoup, fait plus de bruit que d’habitude, et refuse de passer en marche arrière....
Belle marche jusqu’au magasin; pas de chance... l’hélice disponible ne correspond pas... il nous faut en commander une nouvelle qui n’arrivera que dans une semaine. Mauvaise fortune bon cœur, nous en profiterons pour visiter, et laisser passer le vent assez fort annoncé pour toute la semaine prochaine. De retour sur le bateau, je vérifie le moteur droit. Il démarre super bien, mais refuse non seulement de passer en marche arrière, mais aussi en marche avant. Après inspection du moteur, tout un morceau du moteur s’est brisé; à première vue, la réparation s’avère probablement très difficile et couteuse, avec peut-être dépose du moteur... et des semaines d’immobilisations. Cela tombe mal... nous avons rendez-vous aux iles Turks et Caicos avec les « grands »; les billets sont déjà pris... Stress!!! Je vais essayer d’avoir l’avis d’un pro. Lundi, pour décider de ce que nous ferons.

Après deux jours à jouer au chat et à la souris, nous arrivons à attraper « Less », le garagiste du coin qui nous avait été recommandé par tous les locaux; « c’est lui qui s’occupe de tout réparer dans le voisinage : voitures, camions, bateaux, machines; vous verrez, il est bon! »
Effectivement, il est bon; il est même vraiment bon!!! La pièce métallique = ressoudée et comme neuve; les boulons cassés dans le châssis moteur (probablement l’origine de la casse)= enlevés et remplacés; et même la « Flying wheel » (coupleur flexible) dont le moyeu a été fortement endommagé= arrangé provisoirement.

Less est encore meilleur que « Mac Gyver »!!! Juste pour les pièces, il y en avait pour 2000 $ sans le transport...; cela a pris 2 jours pour Less et 340 $ tout compris... Merci Less.

Aujourd’hui, j’ai décidé de faire la vidange et le changement de filtre à huile des deux moteurs ainsi que de la transmission. Sur un des moteurs, la sortie prévue pour la vidange a été bloquée par un boulon, rendant extrêmement pénible et salissant la vidange. En 5 minutes, Less a récupéré de vieilles pièces d’auto et les a adaptés pour la sortie de vidange. Quel débrouillard!

Acklins Island, Bahamas

8 décembre

Atwood harbour

Grande traversée hier, quittant Long Island pour Acklins Island, à environ 60 miles. Le vent devait être de coté, c.a.d bon ... Il était finalement en pleine face, entre 5 a 10 knots... Les moteurs ont donc travaillé la très grande partie de la traversée, chargeant alors en électricité notre parc de batterie. Plusieurs grains ont également reconstitué notre réserve d'eau. La mer, ou plutot l'océan était agréable: longue houle, parfois impressionnante lorsque une immense vague s'approche et nous soulève pour nous déposer qq métres plus bas .

A l'appoche de la baie d'Atwood, l'angoisse (presque la panique ...) me prend : la houle est puissante; de loin nous voyons l'écume s'envoler lorsque les vagues rencontrent les hauts fonds. De loin, c'est beau et impressionnant ! mais est ce possible de passer à travers pour rejoindre la baie ?

Atwood est le seul point d'ancrage aux alentours; s'il est trop dangereux de l'atteindre, il faudra continuer et passer la nuit en mer, ce qui ne m'enchante pas du tout car je suis fatigué ( nous sommes partis à 5 heures du matin ....). Finalement, le chenal à travers les brisants était large et bien indiqué sur les cartes électroniques, en plus d`être visible . La Baie est grande, correctement protégée de la houle et du vent, et surtout, entourée d'une belle plage.

L'école des enfants terminée ( commencée à 7 heures, terminée à 10 h- ils ont été rapides !!!), nous prenons l'annexe et nous promenons dans la mangrove à l'extrémité de la baie. Le courant est fort. Raphaelle et moi en profitons pour nous faire tirer par une corde reliée à l'annexe afin d'explorer le fond sous marin. 2 conques trouvées, mais pas de langoustes : elles seront notre repas de midi. Nous irons sur la plage cet après midi , si le temps le permet : des nuages et de la pluie sont visibles tout autour; la météo avait annoncée des pluies tout au long de la journée. J'écris mon journal de bord en dégustant un picon bière. Le paysage est très beau, il fait bon, les enfants jouent ensembles dans une cabine, Rapha fait frire les conques accompagnées de riz (cela sent très bon !!!). Je me sens bien...

9 décembre - Quelle journée !!!

Nuit de cauchemard... Nous pensions ètre à l'abri dans cette baie. Et bien la houle (= les vagues) s'est développée pour atteindre probablement 1 a 2 mètres. Le problème est que le faible vent placait le bateau parallèlement aux vagues,nous faisant giter fortement; Les affaires voldinguent dans le bateau; Une canne à peche tombe par dessus bord; le bruit des vagues qui tape la coque est pénible; On s'attend à chaque impact, que quelque chose arrive. Difficile de marcher sur le bateau ; Il n'y a qu'a attendre le lever du jour. Cela a paru une éternité. A l'aube, le vent est faible mais la houle très impressionnante; les vagues se cassent de plus en plus et il y a de l'écume partout, même si le vent est faible. Y aurait il eut une tempète ailleurs ? C'est quoi ce mouillage ??? Il faut qu'on bouge; si une vague casse et nous frappe de coté, nous ne chavirerons peut-etre pas, mais il y aura des dégats ... Nous finirons, après plusieurs essais infructueux, par réussir à nous ancrer à un endroit un petit peu plus protégé, à quelques mètres de la plage. Nous installerons également une deuxième ancre à l'aide de l'annexe, à l'arrière , afin que le bateau reste face aux vagues. Nous sommes proche de la plage ( environ 30 mètres) : je crains que l'ancre principale décroche et que le bateau soit garroché sur la plage. Comme par hasard, mon estomac me fait mal, mon dos aussi ... mon corps me signale que je suis très, très anxieux ...

En après midi, la houle faiblit. Nous rejoignons la plage à la nage et nous promenons le long de la baie. Pendant que les enfants jouent dans les vagues, nous rejoignons le coté océan pour constater que les vagues qui barrent l'entrée de la baie sont vraiment grosses - plusieurs mètres- et se cassent. De loin, le spectacle est beau. Mais je ne tenterais jamais de passer à travers ce mur !!! Les enfants s'éclatent à tous les sens du terme : l'écume de certaines vagues les garrochent sur la plage, puis les ramènent dans la mer en glissant sur le sable comme sur un toboggan.
Il nous faudra finalement attendre 2 jours de plus pour que la houle se calme et nous permette de sortir de la passe pour quitter la baie. Nous ne saurons pas pourquoi il y a eut cette impressionnante houle alors qu’il ne semblait pas y avoir de tempêtes nulle part. Nous avons appris qu’il y avait eu une importante houle aux Turks et Caicos, alors qu’il y faisait beau.

Turks and Caicos (UK)

12 décembre

Formalités

Pour les Bahamas, les formalités d’entrée ont couté 320 $ : 300 $ pour le « cruising permit » et 20 $ pour le permis de pêche. Faire attention à ce que la validité des documents soit la même pour les documents de l’immigration et ceux de la douane (demander le maximum 3 mois,
renouvelables). Je n’avais pas fait attention et un des documents (douane ou immigration?) spécifiait 3 mois, l’autre 2 mois; lorsque nous avons voulu renouveler (gratuit) le « cruising permit » , un peu avant l’échéance des 3 mois, le fonctionnaire nous a signalé que nous étions illégaux depuis presque un mois et a exigé que nous quittions immédiatement les Bahamas pour y revenir ensuite, et repayer la totalité des frais d’entrée; ce que nous avons du faire... Probablement la
seule personne durant tout notre séjour aux Bahamas que nous avons trouvé vraiment mal intentionné. L'entrée par Bimini semblerait redoutée à cause de ce fonctionnaire peu avenant.

Turks et Caicos

300 $ pour un « cruising permit » de 3 mois, plus 50 $ et 50 $ pour le droit d’entrée et le droit de sortie (65+65 $ le week-end, avec pénalités si en dehors des heures normales d’ouverture...). À Sapodilla Bay, les formalités se font dans le port (le gros bâtiment jaune). À environ 1 km de la plage de Sapidilla Bay, il faut demander un badge à l’entrée du port pour pouvoir y entrer et rejoindre le bâtiment jaune. J’ai eu droit, lors de ma deuxième visite, à une fouille complète (presque intégrale!) : poches vidées, sac fouillé, fouille au corps puis avec détecteur de métal : pire qu’à l’aéroport; je n’en revenais pas... Les officiers de l’immigration et des douanes, des femmes, habillées négligées d’un t-shirt pas très propre avec leur logo (custom ou immigration), n’étaient pas vraiment accueillant ou amicaux, ni d’ailleurs les autres personnes rencontrées en cours de route... tout un contraste avec la population et les fonctionnaires bahamiens, que nous trouvions adorables!
Aux Bahamas, malgré le cout d’entrée élevé au pays, nous avions vraiment l’impression d’être les bienvenus et ce, pas seulement financièrement... Aux Turks et Caicos, ma première impression est
que nous sommes tolérés, à condition que l’on « crache » le maximum d’argent.

La pêche

Pêcher n’est pas si économique! En effet, si l’on prend en compte l’investissement pour les cannes, les moulinets, les fils, les hameçons, les appâts, les plombs, les dévrilleurs, etc. tout cela adapté à la pèche en mer (= tout en inox et en taille XXL)... au final, le poisson n’est pas si « gratuit » que cela. Au début, je prenais du « gros » fil, pour pêcher de « gros » poissons... Un barracuda qui teste l’appât, et celui-ci est déchiqueté. Je ne compte pas le nombre de lignes cassées, et c’est tout le reste (plombs, hameçons, dévrilleurs, appâts) qui s’échappe! Il m’arrive régulièrement de changer intégralement la ligne (je mets maintenant du 100lbs, soit 50 kg) afin d’éliminer les points d’usure. Le poisson a quand même réussi à s’échapper plusieurs fois en pliant l’hameçon; quand on voit la grosseur des hameçons, cela parait incroyable! Il m’est difficile de couper un bas de ligne (proche de l’hameçon) en acier avec une pince coupante; les dents du poisson y arrivent...
Lors d’une traversée, j’avais laissé trainer 3 lignes à l’eau. Tout d’un coup, le Ziiiip caractéristique d’une touche... Le frein du moulinet et réglé pour ne laisser filer la ligne qu’en cas de gros poisson, afin de ne pas briser la canne ou la ligne. La courbure prononcée de la canne ainsi que la vitesse de déroulement du fil (malgré le puissant frein) indiquent qu’il s’agit d’un gros poisson. Pas le temps de me rendre à la canne que les deux autres moulinets indiquent également de grosses touches. Les deux autres lignes n’étant pas fixés sur une canne à pèche mais sur les rambardes, elles sont beaucoup plus fragiles, car il n’y a pas d’amortisseur autre que le frein du moulinet. En quelques secondes, les 2 lignes cassent... Quelques minutes après, le poisson accroché à la seule canne s’échappe également, en détordant l’hameçon (ouf, il me reste la ligne et ses accessoires!). La même journée, j’aurais perdu en tout 6 lignes avec accessoires, et ramené aucun poisson... On comprend mieux la fierté de ramener à bord un poisson puis de le manger.