Bahamas
(Cat Island)

Carnet de bord de Jacques

Novembre 2014

 

Abacos (Bahamas)

15 novembre, Cheerokee

Ce petit village typique n’est pas fréquenté par les touristes, car il est trop éloigné de la route principale et l’ancrage est de mauvaise qualité (roche et houle), sauf entre les 2 jetées, à proximité de la grosse bouée blanche. Cette bouée (environ 200 m au large de la grande jetée) est très solidement attachée au fond par 3 énormes blocs de béton, dont un dépasse les autres et est dangereux si l’on passe à proximité de la bouée par marée basse (– de 4' du niveau de l’eau). L’emplacement dans la baie est intéressant, car on voit la houle du large se briser aux endroits où le fond affleure la surface. À marée basse, il y a pied sur des centaines de mètres, avec du sable et de belles plages du côté village, puis de la roche plus au large. Les visiteurs par mer peuvent débarquer en annexe le long de la jetée en bois (200-300 m) ou directement sur la plage – si la hauteur de l’eau le permet. Le village est tout proche et facilement accessible à pied. Il n’est pas nécessaire de faire le tour – avec le risque de rester accroché en plein milieu de la baie tellement le niveau d’eau peut être bas – pour accoster (uniquement en annexe) dans le port. Dans la baie, avec de la chance, on peut trouver des endroits avec des conques matures. J’en ai trouvé 8 belles sur 2 mètres carrés..., après en avoir cherché en vain pendant des centaines de mètres... Le village a une épicerie très, très bien pourvue, avec tous les prix affichés! Une station d’essence (Shell) avec pas mal de matériel marin et divers, ainsi qu’une laverie (3 $/machine) dans la même bâtisse située dans le port (quai à dinghy gratuit). Le village, même s’il est moins « coloré » que d’autres, est très sympa à visiter. L’épicerie vend des cartes BTC pour internet et téléphone; sauf que l’internet de BTC ne fonctionnait pas lorsque nous y étions...

Cat Island (Bahamas)

23 novembre

Sueurs froides

Sur Cat Island - Bahamas - nous nous arrêtons à Bennett Harbour et voulons visiter la mangrove Pigeon cay en annexe. C’est la marée descendante : l’eau à l’intérieur de la mangrove s’échappe vers la mer et

le courant pour entrer ou sortir est fort. Nous sillonnons la mangrove et ses méandres sur plusieurs kilomètres à pleine vitesse et finalement à l’autre sortie. La mangrove est belle, avec des variations de couleur de l’eau incroyable. Nous croisons quelques tortues qui s’éloignent rapidement. Pour retourner dans la mangrove et revenir à notre point de départ, il faut remettre les gaz afin de lutter contre le courant qui nous pousse vers la mer. Tout d’un coup, l’annexe n’a plus aucune puissance et le moteur tourne dans le vide. Panique à bord... L’annexe n’avance qu’avec les gaz au minimum, à peine suffisamment pour contrer le courant. Si le moteur lâche complètement, il sera impossible de revenir à la rame -à cause du courant et du fort vent- et nous risquons de nous retrouver emportés en mer. Tirer l’annexe dans la mangrove n’est pas possible : trop loin, trop de végétation et souvent pas pied. Pas âme qui vive à des kilomètres...

Finalement, le retour fut long. Le moteur a tenu -au ralenti-. Tellement long que la mangrove s’est -entre temps- vidée de son eau et qu’il n’y avait plus assez de fond à certains endroits pour avancer; il fallait alors soulever l’hélice pour éviter qu’elle racle le fond. Cela m’a paru une éternité... Nous nous en sommes bien sortis, mais j’ai vraiment stressé... Par contre, un problème de plus à résoudre; nous sommes maintenant dans des endroits très peu habités, avec probablement pas de mécano ou de pièces disponibles pour réparer le moteur avant longtemps.