Le départ

La Floride

Les Bahamas :
- Biminis
- Berrys
- Nassau

Carnet de bord de Jacques

Juillet 2014

 

Contrairement au carnet principal, les archives se lisent de haut en bas...

Du Québec à la Floride (USA)

Déjà deux jours que nous sommes sur la route. Nous nous rapprochons de Charlotte. Plus de la moitiée du chemin pour la Floride est déjà parcouru avec notre vieux et adoré camping-car. Pour l'instant, il ne nous a pas fait défaut. Juste dans certaines parties montagneuses des Appalaches où il avait du mal à arriver en haut de certaines montées. J'avais peur que le moteur explose : l'aiguille de température du moteur était dans le rouge ... Nous avons vu plusieurs VR dans le trouble, sur le coté dela route ... Nous, on est passé ! Les enfants passent leur temps à jouer ou à regarder un film sur nos tablettes. Le soir, nous nous arrêtons de rouler vers 8 h. Là, les enfants ne sont plus tenables : fous rires nerveux, concours de gros mots, d'insultes de pipi caca ... Les parents sont épuisés et ne supportent pas grand chose. Bon, nous n'oublions pas les bonnes habitutdes : après l'effort, le réconfort ! Alors pour moi, c'est une bière fraiche, pour Rapha, une chaude. La tension du départ s'estompe et on commencent à décompresser. Le passage à la frontière, tant redouté par moi (concernant l'exportation du camping car), s'est étonnemment bien passée. Le douanier était sympa, bien au courant des démarches. Les démarches sont à faire par l'acheteur, une fois sur place, dans un centre de dédouannement. Les quelques jours avant le départ de Montréal ont été éreintants. Il y avait toutes les pièces de la maison à ranger, puis trier ce qui va à la poubelle, ce qui peut être donné, ce qui va être garder pour notre retour et ce qui part avec nous. Trie difficile, parfois déchirant. Cett responsabilité était surtout du ressort de Rapha. La voiture a été vendue un prix dérisoire 2 jours avant le départ. Mon rack à échelle : la veille!!! On aurait fait quoi si cela n'avait pas été vendu ? La maison a été nettoyée à fond, elle n'a jamais été aussi propre. J'espère que le locataire appréciera, et surtout, qu'il rendra la maison dans le même état! En tout cas, j'aurais fais le maximum...

Biminis, Bahamas

Le 06/07/2014

Cela fait des jours, et même des années que j’en rêve !!!
Et bien ça y est, je l’ai fait. Une nuit pas mal agitée, car nous étions ancrés près de la plage, dans un endroit non abrité du vent: les vagues claquaient contre la coque. Vers 22 h, des éclairs et des coups de vents qui venaient de tous les côtés, mais l’orage est resté loin de nous. Ce matin, vent side shore d’environ 15 noeuds, plage déserte : conditions idéales pour une première sortie. Sylvain m’accompagne sur la plage pour jouer avec le sable. 1 bonne heure de kite, en 10 mètres. Décollage sur la plage en solo un peu délicat, car il faut éviter les conques qui peuvent abimer le kite.

Kite devant un îlot désert

Les réflexes reviennent vite. Quel plaisir de kiter dans cette eau tiède, transparente. La plage est déserte. Hier, elle était bondée par des Américains venus passer le WE de leur fête nationale. En séchant le kite, j’aperçois un petit requin (1 m de long) et 3 raies qui se promènent au bord de la plage à la recherche des restes de poissons laissés par les Américains.
Autour du bateau, des milliers de petits poissons se nourrissent. Ils apprécient que je gratte le dessous des coques et des hélices pour enlever les bernacles. Les bernacles sont des coquillages en forme de chapeau chinois, très coupant, qui s’accrochent et et se développent sous l’eau. Ils bouchent progressivement les trous de prise d’eau, freinent parfois considérablement le bateau et diminuent l’efficacité des hélices. Pour gratter, j’utilise une spatule en plastique. Après une heure à enchainer les apnées pour passer sous la coque, je suis épuisé. Au fond, un énorme poisson (+/- 2 mètres), avec des dents pointues, attend probablement qu’une proie passe proche. Je vais chercher un harpon pour tenter d’avoir des protéines... Il semblerait qu’il ait compris mon intention, car il s’éloigne rapidement dès que je tente de m’approcher.

En après midi, le vent est complètement tombé = mer d'huile. Nous en profitons pour tester la "planche dauphin". J'ai fabriqué cette planche à l'aide d'images vues sur une revue et quelques explications. Elle est en fibre de carbone avec âme en mousse et ailerons de planche de kite. Le principe : la planche se fait tirer par le dinghy. Le pilote se fait tirer par la planche - à bout de bras. En fonction de l'inclinaison que l'on donne a la planche, on monte, descend, ou tourne sous l'eau, sans difficultées, comme si on était accroché à une torpille sous-marine. Cela fonctionne bien, les sensations vraiment bonnes : on se croirait un dauphin !!! Sylvain et Gaetan ont adoré.

Le 07/07/2014

Baignades, lecture des guides des Bahamas pour se renseigner sur notre éventuelle prochaine destination (les Berrys). Nous avons quitté notre ancrage à Gun Cay pour longer l'ile voisine (North Cat Cay). Cette ile - privée - possède son propre aérodrome, sa marina, ainsi que toutes les commodités pour les milliardaires américains. Nous essuyons quelques grains au cours de la journée. Nous rentrons à Bimini Nord pour faire le plein de diesel, d'eau et quelques courses. Depuis 3 jours, une sirène d'alerte du moteur se déclenche sans arrêts. Cela deviend fatiguant de l'éteindre toutes les 20 secondes... Autre cadeau du réparateur du moteur qui n'a pas fait son boulot correctement :"C'est rien cette sirène, il suffit de l'éteindre...", qu'il me disait...

En soirée, nous nous y reprenons - plein de fois - pour s'ancrer correctement. Nous n'avons encore pas la bonne facon de faire. C'est stressant.

Berrys, Bahamas

Une nuit particulière :

Les nuits sur un bateau sont rarement tranquilles; il ne s'est pas passé une nuit sans que nous ne soyons réveillés soit par un coup de vent, de la pluie, un orage, des bruits anormaux. Il fait chaud, et le moindre courant d'air se fait apprécier : tous les hublots sont ouverts; mais, dès qu'il goutte (et il y a parfois plusieurs averses chaque jour), c'est la course pour tout fermer.

Pêche exceptionnelle

Lors d'une de nos nombreuses sorties "snorkeling", j'ai testé le harpon fait à partir d'un piquet en fibre de verre - utilisé à l'origine pour délimiter le déneigement - sur lequel j'ai fixé des pointes en acier inoxydable. Un poisson attrapé tous les 20 tentatives en moyenne. Sous l'eau, les poissons paraissent plus gros... dommage. Une fois décrochés du harpon, ils sont tout petits (10 cm). Je m'en sers pour appâter 2 lignes que je vais laisser trainer dans l'eau durant la nuit. Vers minuit, le bruit si excitant de la ligne qui se déroule me réveille en sursaut. Je cours pour essayer de bloquer le moulinet, mais la canne est à moitié pliée, au bord de se rompre. J'arrive finalement a freiner le déroulement de la ligne, puis à le bloquer et à rembobiner progressivement. C'est tellement puissant que le poisson arrive à faire tourner le catamaran. Les moustiques en profitent pour me manger. Avec la lampe torche, je finis par identifier la proie = un requin... Je laisse la canne dans le porte-canne fixé aux rambardes : le poisson est tellement puissant que je serais immédiatement emporté avec la canne si je l'enlevais du porte-canne. À mon avis, la ligne (80 lb) ou la canne vont céder. Vu que je veux garder la canne en bon état, je suis prêt à couper la ligne; cependant, j'aimerais bien arriver à ramener à bord ce poisson !!! ou garder une preuve de cette pêche. Après une heure de combat, je décide de réveiller Sylvain, pour qu'il voit le poisson et m'aide; en effet, je fatigue, et le matériel aussi. Avec Sylvain, nous ramenons près de la coque le poisson ; c’est un requin-nourrice d'environ 2 mêtres et d'un diamètre d'environ 70 cm, d'un poid probablement largement supérieur à 100 kg. Mon porte-canne - en acier - est complètement plié et je ne vois pas comment faire pour monter la bête sur le pont, seul avec Sylvain. Un coup de nageoire et le requin arrive à déplacer le catamaran de plusieurs tonnes !!! On va le laisser se fatiguer, et nous, nous reposer; on verra demain... J'accroche la canne et le moulinet à plusieurs cordes, au cas ou le porte-canne et la rambarde cèdent et nous allons nous coucher. Tout au long du reste de la nuit, nous entendrons le requin qui tente de se libérer et cogne contre la coque. À l'aube, il est toujours là; la canne aussi... mais le porte-canne est complètement plié. Il va être très difficile - et dangereux - de monter la bête à bord, et surtout, nous en ferions quoi ? Cela ne se mange pas vraiment... et puis nous en aurions pour des semaines !!! A regret, je coupe la ligne; le poisson s'éloigne tranquillement, comme si de rien n'était ...
Autre histoire de requins :
dans la baie de Great Harbor, dans l'archipel des Berry (Bahamas) il y a des récifs entre le large et la baie. C'est une superbe place pour du snorkeling; beaucoup de coraux et une multitude de poissons de toutes tailles, dont un barracuda d'environ 2 m. Je me retrouve nez à nez avec un requin nourrice... j'espère que ce n'est pas le même que celui de l'autre jour et qu'il ne se souvient pas de moi... Le voilà qui commence à s'intéresser à moi de trop près. Je fais quoi ??? Bien apetissantes, mes longues jambes... Je fais face et lui donne un coup de palme. Il s'éloigne, et moi aussi ... Il me faudra quelques minutes pour me calmer.

Coin de paradis : Great harbor


Toute la baie est entourée d'une plage de sable blanc. Des ilots et des récifs ferment partiellement cette baie du large, stoppant et protégeant ainsi des vagues et du vent. L'activité sous-marine est superbe aux alentours des récifs. A marée basse, la profondeur de l'eau n'est que de quelques cm sur des surfaces immenses, avec une limpidité et des couleurs incroyables : un vrai lagon. Coin fabuleux pour du kite. Il y a possibilité également de se promener en dinghy ou kayac (ou kite), dans les slick et méandres intérieurs de la mangrove. Tout proche, dans la mangrove, l'ascension d'une petite colline permet un panorama à 360 degrés fantastique sur toute la région.

Nassau, Bahamas

Traversée Chub Cay ( Berrys) à Nassau.

3/4 à la voile avec vent presque de face. En louvoyant, nous atteignons parfois 8 noeuds. La moyenne étant de 5 pour la traversée totale. Le plaisir de naviguer à la voile est intense. Surprise : nous attrapons 2 Mahi-Mahis en même temps. Superbe couleur jaune. Mais le best, c'est qu'ils sont vraiment excellents à manger !!!

Durant notre séjour à Nassau, le bâteau de pêcheur - celui que nous avions dépanné dans les Berrys - vient plusieurs fois nous dire bonjour. Ils nous donnent des conseils sur la pêche, les poissons et les endroits ou aller à Nassau. Cela fait plaisir de constater que nous nous apprécions et estimons mutuellement. Ils font partis des rencontres qui marquent. Ces pêcheurs confirment, une fois de plus, que les Bahamiens sont des gens accueillant. Merci à Wany (le boss) et Angelo pour leur amitié. La très grande majorité des Bahamiens nous semble respectueux, polis et sympatiques.

En soirée du 27 juillet, un bateau moteur tourne autour du cata.; Les occupants nous appelent - moitié anglais/moitié francais. Ce sont un couple de Torontois en visite chez leur cousin - Graham Weatherford - (mi Bahamien-mi Canadien). Nous discutons un long moment avec eux. Cela fait du bien de rencontrer des gens de chez nous.

28 juillet

Journée brico. Installation de baguettes en PVC sur le pont afin de canaliser l'eau de pluie dans les rigoles des trappes d'accès aux réservoirs d'eau. Un tube en PVC d'évier a été installé au fond de la rigole et insèré dans chaque réservoir d'eau. Des trappes collées dans les rigoles empêchent l'eau de s'échapper et la frorce à aller dans les réservoirs. Des cornières ont également été installées sur le double panneau solaire pour également canaliser l'eau.
Miracle !!! Un gros orage en après midi prouve que le système de récupération d'eau fonctionne bien. Chaque réservoir se remplit d'1/4 lors de l'orage (probablement 200 litres en 30 minutes) . Cela faisait quelques jours que nous n'avions plus que le dessalinisateur comme fournisseur d'eau potable. Celui ci nous vidait cependant les batteries (consommation de 70 A pour une production de 5 a 7 gallons/h = rendement catastrophique). Nous vivons avec environ 12 litres d'eau potable/jour pour 4 pour boire, nous laver et faire la vaisselle... OK, nous ne sommes pas très propres... et puis, pour économiser l'eau, je bois de la bière et des sodas... Nous avions rejoint plusieurs marina quelques jours auparavant, mais aucune ne voulaient ou ne pouvaient fournir de l'eau pour remplir les réservoirs.

En après-midi, je rejoins le quai de la station Ruby pour remplir les 2 bouteilles de gaz; j'avais pris RDV avec le camion distributeur de gaz (20 $ les 2 bouteilles). Je vais également chez Albert's Marine Service, tout proche, pour faire réparer l'alternateur défectueux. Le patron m'assure que cela ne se répare pas et qu'il faut en racheter un autre... Il veut me vendre un de marque VOLVO et n'a pas d'autre choix, il faut le commander, en plus... Je passe plus d'une heure et 1/2 à poireauter dans sa boutique pour m'entendre dire cela.

En soirée, je décide de re-tester le dessalinisateur, mais cette fois ci en ne mettant pas en marche la pompe d'appoint d'eau; j'avais constaté que la consommation d'électricité de la pompe haute pression était plus raisonnable lorsque j'éteignais cette pompe d'appoint. Effectivement, la consommation descend à 17 A. au lieu de 70 A... sauf qu'il n'y a plus d'eau dessallée qui sort. Je ferme progressivement, puis complètement, le circuit d'évacuation d'eau afin de forcer l'eau à passer dans la membrane. Cela tourne quelques minutes sans résultat. Ben, faut pas faire cela... Boum... explosion !!! L'habitacle de la membrane a explosé... Finalement, le moteur et la pompe sont pas mal puissants !!! En attendant, plus de dessalinisateur pour plusieurs semaines ou mois. Et le problème de fonctionnement n'est toujours pas résolu. Décidément, l'eau dessalée coute très cher.

29 juillet 2014 : visite Nassau


Aujourd'hui : pas de réparations... Nous visitons. Nous passons la fin de matinée au centre d'achat Solomon Plaza à visiter tous les magasins, dont le supermarché alimentaire "haut de gamme". On y trouve de tout, y compris fruits et légumes frais; C'est beau, cela à l'air bon, et c'est cher !
L'après midi, nous prenons un "jitney" : mini bus qui finissent tous par passer au centre ville. Cout ridicule pour une visite : 1.25$/ personne, .75$ pour les enfants. Malheureusement, nous avons oublié sur le bâteau plans et guides... pas fort pour une visite ! C'est pas grave, nous allons à l'office du tourisme pour nous renseigner. Là, un jeune employé - Xavier - nous explique les choses à voir, puis nous propose une visite guidée de la ville gratuite, car il s'ennuie. Pendant plus de 2 heures, il nous emmène et nous explique tous les endroits intéressants, nous faisant en plus bénéficier de son statut de d'employé gouvernemental pour le tourisme et nous évitant d'être ennuyé par d'autres guides plus achalant. Merci à Xavier.